Roland Magdane n'est pas mort
il avait simplement disparu du paysage humoristique français ! preuve en est, je suis allée voir son dernier spectacle au théâtre Déjazet le 28 décembre dernier.
Les plus âgés se souviennent peut-être de ses sketches (le départ en vacances en caravane et la célèbre logorrhée "Renéeeeeeeeee, Renéeeeeeeeee"; le barbecue, la table bancale et les guêpes qui se pointent dès l'apparition du melon).....les un peu moins âgés l'ont peut-être aperçu dans une série américaine diffusée sur France 2 il y a quelques années....les plus jeunes l'ont découvert cette semaine dans la série "Le tuteur" dans laquelle il a le rôle principal...
Il faut croire que les choses se goupillent plutôt bien pour Roland Magdane après une longue traversée du désert (voulue ?) car mercredi soir aucun des fauteuils de l'orchestre et des deux balcons du théâtre Déjazet n'était vide et le public était chaleureux.
Le pitch : Roland Magdane nous reçoit dans sa cellule d'une clinique psychiatrique dans laquelle il est enfermé depuis 10 ans et se livre à un aller-retour entre ses souvenirs dans la vraie vie (partie la plus réussie) et ses pérégrinations intellectuelles actuelles suscitées par son enfermement.
Les premières minutes font l'effet d'une fraise tagada, on replonge bien des années en arrière en retrouvant cette voix si caractéristique. L'homme a vieilli, a pris un peu de poids mais il s'appuie toujours sur les mêmes ressorts comiques, l'observation du quotidien et des situations qui dérapent. Au final, quelques bonnes trouvailles dont la question" Comment les sourds-muets se disent-ils un secret? ils mettent des moufles?", la cure minceur de thalassothérapie, la rencontre avec le futur gendre, le couple à ses débuts et vu après 20 ans de vie commune et des passages plus attendus, moins originaux.
Si j'ai souri plus que ri (seul le dernier spectacle de Gad Elmaleh m'a fait rire aux larmes), ma voisine de devant était presque morte de rire à la fin du spectacle car pas une phrase ne s'écoulait sans qu'elle parte dans un énorme éclat de voix légèrement horripilant au bout d'une heure...mais j'imagine que son mari qui la regardait de temps en temps d'un air mi-amusé mi-consterné doit être ravi d'avoir une femme qu'il est si aisé d'amuser.