Bobo or not bobo

Publié le par chocoladdict

Jeudi midi, mon cher et tendre a eu des places à la dernière minutes pour la pièce de Vincent Derlerm le soir même au théâtre de la Croix-Rousse.

Le pitch : Le fait d'habiter bagnolet décortique les pensées d'un homme et une femme durant les quelques heures d'une soirée précédant leur premier baiser. Le spectateur assiste au dîner du couple et entend les quelques paroles qu'il échange réellement mais entre parallèlement dans la tête de chacun des intéressés.

On retrouve la plume de l'auteur dans le texte, dans les références (même si de manière assez surprenante, les commentaires à la sortie étaient chaleureux même chez les personnes d'un âge déjà bien avancé). Les jeux de mise en scène sont bien trouvés (en particulier, la présence du bruiteur sur un côté de la scène est assez drôle) et surtout Vincent Delerm, comme dans ses chansons, a l'art de mettre des mots sur des sensations, des réflexions qu'on a tous eus sans pouvoir les verbaliser sur le moment .

Au fil de la pièce, on se dit que le regard est particulièrement juste, que "c'est bien vu" et que l'auteur touche du doigt à ce qui est universel dans les relations et l'histoire d'un couple.

Vincent Delerm a ses détracteurs. Au sein même de ma famille, on lui a reproché d'être déprimant (voire de donner envie de se tirer une balle dans la tête !!), de chanter faux, de s'être trompé de voie artistique (poète plutôt que chanteur car on lui reconnaît au moins de soigner ses textes). Plus généralement, Vincent Delerm est taxé de bobo (terme employé à tort et à travers , tant est si bien qu'il signifie aujourd'hui tout et son contraire), de parisiannisme.

J'ai découvert cet artiste dans mes âges (forcément on a des références en commum) lors de la première partie d'un concert de Julien Clerc au bataclan. Je me disais qu'il avait une tête de chanteur intello chiant et que comme souvent lors des premières parties (bravo à tous ceux qui essaient de chauffer le public) on allait s'ennuyer ferme, compter le nombre de chansons déjà endurées et prier pour que celle-ci soit la dernière !

 Et là surprise, très bonne surprise...arrive un jeune homme qui parait un peu timide, un peu gauche (déjà il a fait le moitié du chemin pour "s'approprier" ma sympathie), il se met au piano et je découvre un répertoire qui innove avec ce que j'ai entendu par le passé, qui croque le quotidien avec une justesse et une précision incroyables et qui en plus est drôle !!! ...

Par la suite, j'ai acheté ces CD et j'ai même poussé le vice jusqu'à aller voir Vincent Delerm en concert à Lyon (soirée qui reste un des meilleurs souvenirs de concert).

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Publié dans La minute livres

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