Ca plane pour eux?

Jeunes ou futurs parents pleins d'enthousiasme, la lecture de ce billet vous est fortement déconseillée. Le but n'est pas que vous annuliez tous vos projets de vacances lointaines ni que vous appréhendiez celles à venir mais mon éthique parentale m'interdit de vous mentir.
Conseil numéro 1 : Ne pas vous précipitez trop à l'avance à l'aéroport (rater un avion cela doit quand même être assez rare, non?) soit 2h avant le décollage comme indiqué sur les billets.
Cela vous évitera une attente sans fin à l'enregistrement des bagages. Si vous pensez en outre qu'en se présentant dans les premiers passagers, vous pourrez choisir votre place dans l'avion (c'est à dire dans votre cas, une place sans rangée devant), vous prenez vos rêves pour la réalité.
En ce qui nous concerne, notre joyeuse troupe a piétiné pendant plus de deux heures devant les comptoirs d'enregistrement, le système informatique étant panne et tout se faisant à la main (comme quoi on aime casser du sucre sur le dos des fonctionnaires mais dans le privé aussi il y a des bugs). L'avantage est qu'une fois cette étape écoulée, nous avons pénétré quasiment tout de suite dans l'avion.
Conseil numéro 2 : Ne comptez pas sur l'amabilité, la gentillesse ou la sollicitude du personnel de bord..en tous cas sur Air Méditerrannée, la compagnie avec laquelle nous avons volé.
Les premiers rangs tant convoités sont vides comme la moitié de l'avion puisqu'une escale est prévue à Toulouse pour remplir l'appareil. J'ose demander si nous pouvons nous assoir ici pour la première partie du vol mais la réponse est sans appel. Le placement est libre (suite à la panne informatique je suppose), la seule consigne est de s'installer dans le fond et nous ne trouvons plus un seul siège côte à côte.
Aucun conseil concernant la fameuse dépressiorisation de la part d'une hôtesse pour les oreilles fragiles d'un tout-petit (merci les filles!), pas le moindre crayon de couleur, jeu, occupation et même un léger agacement quand le chérubin manifeste son mécontentement à se voir ligoter. Le terme paraît excessif mais la sangle est si serrée autour de son ventre que je n'imagine pas comment nous aurions bouclé sa ceinture avant qu'il ne se dépouponne.
Le vol jusqu'à Toulouse se passe bien puisque l'ange blond dort dans les bras de son papa. Malheureusement les messages oraux liés à l'atterissage le réveillent et la suite du trajet s'annonce nettement moins calme.
Conseil numéro 3 : Ne pas changer son enfant dans les toilettes d'un avion...à moins qu'il est garni sa couche d'une substance qui empeste dans un périmètre dépassant largement vos narines.
Désireuse d'occuper le chérubin pendant l'escale, j'ai tenté de l'allonger sur la tablette prévue à cet effet, tablette si étroite et petite que passé les 8 mois de l'enfant, il vous faudra plier le principal intéressé en 4 d'une main et remplacer la couche de l'autre tout en restant zen devant ses hurlements )
Conseil numéro 4 : Ne faîtes pas comme moi, oubliez les autres passagers
Le chérubin, une fois de retour sur mes genoux et bien réveillé, avait très peu de place pour déplier ses jambes et donnait des coups de pieds dans le dossier du siège avant. Quand je le contenais, il s'énervait encore plus et je n'ai pu que m'excuser auprès de la dame au dos labouré, dame qui a fini par échanger sa place avec une amie alors que je m'enfonçais dans mon siège.
Vous aurez à subir toute une gamme de regards : regard compréhensif de ceux et celles qui ont déjà des enfants, regard plaintif de ceux qui se demandent s'ils franchiront le pas un jour finalement, regard courroucé de ceux qui n'en veulent pas et qui ne comprennent pas qu'on ne calme pas illico presto notre gosse (à ceux-là j'ai souvent envie de dire Merde !).
Mais nous avons aussi pu compter sur un passager qui a amusé le chérubin en confectionnant des chapeaux en papier avec du journal entre autres. Il a veillé également à lui inculquer la base d'une bonne éducation politique en lui désignant des photos de notre président et en commentant d'un "pas beau" (mais ça, mon fils, grâce à sa maman, le sait déjà).
Conseil numéro 5 : Oublier sa coquetterie de maman voulant rester glamour en toute situation
Prendre le petit déjeuner avec un enfant sur les genoux et la tablette abaissée est relativement périlleux mais au moins cela a le mérite de l'occuper et dans son cas de l'amuser. Que c'est drôle d'ouvrir le kit des couverts en plastique, de plonger sa cuillère dans les petites barquettes de confiture, de saupoudrer de sucre le fromage blanc déjà sucré, de jouer avec mon reste de jus d'orange )
Erreur de débutante : j'avais prévu des gâteaux au chocolat pour sa pause gourmande ! ...
Bref nous nous sommes retrouvés tous les deux barbouillés de chocolat et constellés de tâches diverses et variées alors que mon paquet de lingettes, à portée de main, avait dangereusement diminué.
Le périple n'était pas fini puisqu'il restait à récupérer les bagages et prendre une navette de 50 minutes jusqu'à l'hôtel. Heureusement le chérubin s'endormit rapidement pendant le trajet....
Conclusion positive
Le trajet de retour, sans escale, s'est déroulé de manière nettement plus paisible, sans crise du principal protagoniste (peut-être que nous étions aussi un peu plus cool suite à cette première expérience). Il se peut aussi que pour vous cela se passe "finger in the nose" car votre progéniture est plus calme, sage, discipliné ou parce que la compagnie que vous emprunterez fait un peu plus d'efforts en destination des jeunes passagers (films sur les longs courriers par exemple).
De toute façon, nos bouts de chou ne sont pas en sucre et nous n'allons pas nous arrêter de vivre, voyager, sortir, s'aimer jusqu'à ce que qu'ils soient autonomes et indépendants. Qu'en pensez-vous?
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