Vivant

Samedi j'ai retrouvé le plaisir des salles obscures après plusieurs mois d'abstinence. En fin de grossesse, mon gros bidon s'avérait incompatible avec la forme des sièges rouges de cinéma et avec l'arrivée de la petite merveille, difficile de se faire une toile.
Bref il ne fallait pas que je me loupe, ce genre de sortie se faisant plus rare qu'auparavant et j'ai bien choisi en allant voir le dernier film de Zabou Breitman "Lhomme de sa vie". Mon seul regret est d'avoir lu avant d'avoir vu le film, la critique de Télérama et d'avoir été influencée par celle-ci.
Commençons par ce qu'on reproche au film : ses effets de mise en scène surlignées donnent un peu un côté "élève appliquée" à la réalisatrice à certains moments; en même temps le côté "lelouchien" revendiqué ou pas de la mise en scène est loin d'être déplaisant. Le personnage de Charles Bierling est un brin trop cinématrographique à force d'incarner celui qui sait tout, celui qui a une maison design, qui est artiste accompli, qui emballe les plus beaux jeunes hommes. Pourtant son côté peu banal n'a rien de superficiel dans ses rapports avec Bernard Campan, un homme à priori ordinaire mais plus bancal qu'on ne le croit au fur et à mesure du film.
L'homme de sa vie nous parle de désir, de passion amoureuse, d'état amoureux, du couple et de sa remise en cause, de la famille, de nos rêves. Le film donne à voir avec un réel plaisir des acteurs toujours justes dans lesquels chacun puisera un peu de soi. Le décors drômois, la période estivale adoucissent un peu toutes les questions laissées en suspens. La fin elle-même est à inventer et on quitte son siège, plein de doutes mais en ayant passé un très bon moment de cinéma.