Question existentielle

Ca y est j'en suis venue à bout du dernier opus de Houellebecq, l'un des plus grands écrivains du 21ème siècle pour certains. Je me souviens que, lors de la sortie du livre, la critique était quasi unaninement bonne à l'émission "Le masque et la plume", pourtant côté romans les chroniqueurs sont des tontons flingueurs et donnent rarement envie de lire un bouquin.
Parvenue à la fin des 500 pages de La possibilité d'une île, je me trouvais fort dépourvue pour émettre un avis cohérent sur le roman en question. Je fus tentée d'aller fureter sur le net pour voir ce qu'on en disait, ce qu'il fallait en retenir mais cela n'a pas beaucoup d'intérêt de livrer un condensé de ce qui a déjà été écrit ici ou là sur le dernier Houllebecq.
Le pitch
Deux récits s'entremêlent : celui de Daniel, un de nos contemporains, figure dans laquelle on peut reconnaître sans trop de difficulté celle de l'écrivain, figure souvent déplaisante, cynique, condescendante, volontairement provocante sur des thèmes comme la religion, les races, la maternité, l'égalité homme-femme, la pauvreté; celui de ses clones et consoeurs qui nous plongent dans la partie "récit d'anticipation " du roman ou la version du futur telle qu'elle est imaginée par l'auteur. Bien entendu, ces deux récits ont un lien que le lecteur découvre s'il n'est pas tenté d'abandonner, agacé par les chapitres d'anticipation parfois bien opaques.
Il faut souligner la richesse des idées brassées et des thèmes abordés : la place de la sexualité, la vieillesse, le sens de la vie, la mort, l'art, la méchanique des sectes, qui donne parfois le sentiment de lire un nouveau genre, un "essai romanesque".
Je mentirais si j'affirmais que ce livre m'a laissé indifférente, je me suis même surprise, au détour de quelques phrases, à être émue par un personnage pourtant souvent antipathique, un peu vieux dégueulasse sur les bords et se croyant à tout prix supérieur.
Au final, même si je n'ai pas eu un coup de coeur je suis incapable de dire si j'ai aimé ce livre ou pas.