Dors, maman dors
3h30 ma chère tête blonde est prise d'une quinte de toux suite à un mauvais rhume. Je me lève dans un semi-coma, lui propose à boire, et reste quelques instants auprès de lui pour m'assurer qu'il se rendorme alors que moi je commence à être bien éveillée. 4h11 je suis dans mon lit et le marchand de sable n'est toujours pas passé. Mon homme, sur l'oreiller d'à côté, ronfle et je suis tentée de devenir une "William Lemergie" addict en essayant d'étrangler celui qui m'agace.
Plutôt que de déformer le matelas à force de me tourner et de me retourner, je me retrouve à faire le bilan d'un peu plus d'un an de nuits jamais complètes et de sommeil profond et paisible à jamais perdu.
Avant j'étais plutôt du genre grosse dormeuse et sommeil de plomb : je n'entendais ni le plus violent des orages, ni les camions poubelles à 6h du matin, ni les voisins qui rentraient bourrés d'une soirée en faisant du bruit.
Aujourd'hui au moindre geignement du chérubin, je m'extirpe du lit et me précipite dans sa chambre. Quand j'étais enfant, j'étais fascinée par le fait que mes parents surgissaient près de mon lit dès que je les appelais. J'en avais conclu que mes parents ne dormaient pas. En fait devenir maman c'est être comme ces chats qui ne dorment que d'un seul oeil.
Avant quand on me serinait qu'avec l'arrivée d'un bébé, on ne dort plus comme avant, je n'y croyais pas vraiment. Je dormais comme une marmotte, je ne faisais pas d'insomnies.
Aujourd'hui je ne sais plus ce que signifie "dormir d'une seule traite". Soit, le chérubin a fait ses nuits relativement vite, vers 3 mois et demi mais l'expression est trompeuse. S'il ne réclame plus un biberon toutes les 3h, il réclame plusieurs fois par nuit sa tétine et cela, malgré les divers stratagèmes imaginés (parsemer le lit de multiples tétines, attacher une tétine au pyjama). Certaines mamans fronceraient les sourcils devant mon attitude qui n'encourage pas le chérubin à devenir autonome. J'ai bien essayé de le laisser se débrouiller tout seul : les grognements se transforment en pleurs et une fois qu'il est bien réveillé, il ne reste plus qu'à attendre son prochain cycle de sommeil (à peu près 45 minutes plus tard) pour qu'il soit enclin à rejoindre Morphée...d'ici là, il se peut qu'il ait envie de jouer ne comprenant que très moyennement, malgré la pénombre ambiante, ma voix d'outre-tombe et ma tête de déterrée que "non on ne fait pas une partie de ballon car c'est la nuit".
Et quand ce n'est pas la tétine, ce sont les angoisses nocturnes, la fièvre, les dents, la toux, le fait qu'il soit trop/ pas assez couvert qui constituent autant de raisons d'interrompre une douce nuit. Le pire est qu'à force d'être conditionnée à me lever plusieurs fois par nuit, je m'inquiète si, vérifiant l'heure du réveil, je constate qu'à 3h30 passées, je n'ai pas encore entendu un seul bruit en provenance de sa chambre. Impossible de ne pas aller vérifier que tout va bien et que le chérubin dort paisiblement dans son lit même si l'âge de la mort du nourrisson est largement dépassé. Je sais je frôle la folie maternelle !!
J'ai beau réfuté l'idée d'instinct maternel, je ne peux pas nier que l'homme, lui, parallèlement à mes nuits interrompues (se transformant parfois en insomnies), dort sur ses deux oreilles. Les 3 premiers mois, bouleversé par l'arrivée de ce petit être, l'homme a mis un point d'honneur à donner des biberons la nuit. Bon il fallait le secouer fortement, lui demander plusieurs fois en lui hurlant dans les oreilles "tu te lèves?" et donc se réveiller aussi mais l'homme finissait par s'extirper du lit en grognant.
Puis, insidieusement, les mois passant, j'ai constaté que l'homme ne se levait plus. L'homme est-il frappé de surdité nocturne ? n'empêche que le chérubin a beau s'égosiller, lui il continue à dormir profondément et a même l'audace de me déclarer innocemment au petit matin alors que les cernes me défigurent " il a bien dormi le petit cette nuit".
Quelques conseils pour terminer :
- Ne pas écouter la bonne copine qui vous assure que le sien de mouflet il dort comme un loir depuis la naissance et ne la réveille jamais la nuit. Il est fort probable qu'elle mente et si elle dit vrai, elle oublie de rajouter que son mouflet, par contre, il est toujours malade, il fait des colères à longueur de journée, il ne mange rien, ....
- Sauter sur n'importe quelle occasion de faire une sieste. 30 minutes le week-end permettent de ne pas être une loque dès le lundi et de ne pas péter les plombs (car fatiguée on devient très vite irritable et super chiante)
- Se rassurer et tenir le coup grâce à des phrases comme celle-ci " Il dormira mieux quand il marchera". Même si ce n'est pas exact, ne pas demander confirmation auprès des copines dont les enfants marchent déjà et se forcer à y croire !