Eh bien dansez maintenant

Publié le par chocoladdict

Vendredi soir sortie à la Maison de la Danse pour voir deux chorégraphies de Lucinda Childs par le ballet de l'opéra national du Rhin. Devant les critiques enthousiastes de certains journaux qui n'aiment systématiquement que ce qui est branchouille, on était prudent sur ce qu'on allait voir.

Bonnes places puisque nous étions au premier et deuxième rang du balcon (mon chéri assis juste derrière moi) même si côté voisinage immédiat nous avions une caricature du gars qui a un avis sur toute chose culturelle, avis qui se veut bien au-dessus du lot et qui de ce fait, se doit d'être énoncé le plus fort possible.

La première chorégraphie, Dance, durait 57 minutes et on peut dire que sa longueur ne nous a pas échappé ! Pour donner une idée immédiate du spectacle, il faut savoir que peu à peu des grappes de spectateurs quittaient la salle et qu'au moment de venir saluer, une partie du public a hué les danseurs (réaction que je trouve complètement aberrante car même si on n'a pas aimé le travail de mise en scène ou de chorégraphie, les danseurs se sont donnés à fond et pas un dans la salle ne devait pouvoir en fournir le quart ! ). Commentaire à l'entracte de notre voisin cultureux "je ne peux pas dire que j'ai détesté, je ne peux pas dire non plus que j'ai aimé,....... je me suis gentiment ennuyé " . 

Moi j'ai beau eu lire depuis que c'est un chef-d'oeuvre, je me suis ennuyée tout court, je dirais même vulgairement que je me suis royalement fait chier ! et surtout cela n'a pas suscité la moindre émotion.

Dans les premières minutes, j'ai trouvé que l'idée de superposer une toile avec un film (la même chorégraphie dansée il y a 30 ans) et les danseurs sur scène  permettait certains effets visuels. La lumière tamisée, les danseurs habillés de blancs, les grandes traversées très aériennes, tout ceci évoquait des papillons de nuit virevoltant vers la lumière. Mais très vite la musique de Philip Glass très répétitive, aussi lancinante qu'une alarme de voiture, tape sur les nerfs, anihile toute émotion et provoque non pas de l'hypnotisme mais de l'exaspération et une lassitude. On se dit "vivement que ça s'arrête!" et dans ce cas là, 57 minutes c'est long.

De manière plus générale, les pas de danse sont très classiques, là aussi tout se joue sur la répétition, pas de rupture, pas de surprise et les passages filmés n'apportent plus rien rapidement.

 

La seconde chorégraphie, Chamber Symphony m'a plus plu même si on peut reprocher au chorégraphe sciemment ou pas de se couper de toute émotion au profit de la technicité en déconnectant musique et pas de danse. Les tableaux mettant en scène les couples sont plus travaillés, les toiles des danseuses évoquent des mariées. Le public ne s'y trompe pas, il est largment moins avare en applaudissements même si au final on ressort de cette soirée assez déçu.

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Publié dans Au spectacle ce soir

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